SOS Adeline – Un homme a aussi le droit de dire non

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Un homme a aussi le droit de dire non

27 septembre 2026 6 min de lecture

La question

"On parle beaucoup du consentement des femmes, mais est-ce qu'un homme peut lui aussi simplement dire non lorsqu'une femme ne lui plaît pas ou qu'il n'a pas envie, sans devoir se justifier ?"

Oui, évidemment, et pourtant je trouve que c'est un aspect du consentement dont on parle encore trop peu. Nous avons beaucoup progressé ces dernières années sur le droit des femmes à poser leurs limites, à refuser une relation ou une pratique et à changer d'avis, ce qui est essentiel, mais ce même principe doit naturellement s'appliquer aux hommes.

Un homme peut avoir envie, ne pas avoir envie, être attiré par une personne et pas par une autre, accepter un moment puis en refuser un autre, et il n'a pas davantage à se justifier qu'une femme dans la même situation.


Le consentement n'est pas à sens unique

J'ai récemment entendu une anecdote qui m'a fait réfléchir. Un homme avait été invité à une soirée privée entre plusieurs couples et, au cours de la soirée, il n'a pas souhaité avoir de relation avec la maîtresse de maison, tout simplement parce qu'elle ne lui plaisait pas et qu'il n'en avait pas envie.

Son refus aurait été mal accepté et il n'aurait ensuite plus été invité aux soirées suivantes.

Je ne connais évidemment pas tous les détails de cette histoire et je ne veux pas juger les personnes concernées, mais je trouve la situation intéressante pour parler d'un principe beaucoup plus général. Inviter quelqu'un à une soirée, lui plaire, être disponible ou avoir soi-même envie ne crée jamais une obligation de réciprocité.

Cela vaut exactement de la même manière lorsque la personne qui refuse est un homme.


Un homme n'a pas toujours envie

Il existe encore cette idée un peu tenace selon laquelle un homme devrait être constamment disponible sexuellement et qu'il devrait presque se sentir chanceux lorsqu'une femme lui fait des avances. À partir de là, lorsqu'il refuse, certaines personnes cherchent immédiatement une explication : « Elle ne te plaît vraiment pas ? », « Tu n'as pas envie ? », « Tu es sûr ? », « Qu'est-ce qui ne va pas ? »

Mais parfois, il ne se passe absolument rien de particulier. Il n'a simplement pas envie.

Le désir masculin n'est pas automatique, pas plus que le désir féminin. Un homme peut ne pas être attiré physiquement, ne pas ressentir de connexion, être fatigué, ne pas être dans le bon état d'esprit ou simplement ne pas vouloir aller plus loin, et aucune de ces raisons ne devrait nécessiter une longue explication.


Dire non ne devrait pas avoir de conséquences

Bien sûr, recevoir un refus peut être désagréable, que l'on soit une femme ou un homme, parce que notre ego peut en prendre un petit coup et que personne n'aime particulièrement se sentir rejeté.

Mais il existe une grande différence entre ressentir une déception et faire payer cette déception à l'autre.

Faire des reproches, insister, culpabiliser la personne, se moquer de sa virilité, lui demander sans cesse pourquoi elle ne veut pas ou lui faire comprendre qu'elle sera désormais mise à l'écart parce qu'elle a refusé pose un vrai problème. Un « oui » n'est réellement libre que lorsque le « non » peut également être exprimé sans pression et sans crainte de représailles.

C'est d'ailleurs valable dans tous les types de relations, qu'il s'agisse d'une première rencontre, d'un couple installé depuis longtemps ou d'un environnement libertin.


En milieu libertin, être présent ne signifie pas être disponible pour tout le monde

C'est peut-être encore plus important à rappeler dans une soirée libertine ou multi-couples, parce que le contexte peut parfois créer des attentes qui n'ont pourtant rien d'automatique.

Participer à une soirée ne signifie pas accepter toutes les personnes présentes. Être libertin ne signifie pas être attiré par tout le monde, et accepter une personne ne signifie pas devoir accepter les autres par politesse ou pour maintenir une sorte d'équilibre entre les participants.

On peut parfaitement apprécier quelqu'un humainement sans avoir envie d'une relation intime avec cette personne, et cela ne devrait être considéré ni comme une humiliation ni comme un jugement sur son physique.


Le refus n'est pas une insulte

Je pense également qu'il faut apprendre, des deux côtés, à recevoir un non sans forcément le transformer en quelque chose de personnel.

Lorsqu'une personne ne nous désire pas, cela ne signifie pas nécessairement qu'elle nous trouve laide, vieux, grosse, maigre, peu séduisant ou sans intérêt. Cela signifie simplement que son désir n'est pas là à cet instant avec nous, et le désir ne se négocie pas.

Nous avons tous nos attirances, nos préférences et nos limites, parfois même sans pouvoir vraiment expliquer pourquoi une personne nous attire énormément alors qu'une autre, pourtant très belle, ne provoque rien chez nous.


Le consentement, c'est pour tout le monde

Défendre le droit des hommes à dire non n'enlève absolument rien à l'importance du consentement des femmes. Au contraire, cela renforce le principe que nous devrions défendre collectivement. Chacun dispose de son corps et chacun décide librement avec qui il souhaite partager son intimité.

  • Une femme peut dire non à un homme.
  • Un homme peut dire non à une femme.
  • Une femme peut dire non à une femme et un homme peut dire non à un homme.
  • Et une personne qui avait dit oui peut également changer d'avis.

Le consentement n'est donc pas une règle destinée à protéger un sexe contre l'autre, mais une règle de respect qui concerne tout le monde.


Les conseils d'Adeline

Si tu es un homme et que tu n'as pas envie, je pense que la première chose à retenir est toute simple. Tu as le droit de dire non, sans inventer une excuse, sans te forcer pour faire plaisir et sans avoir à démontrer quoi que ce soit concernant ta virilité ou ton désir.

Tu peux évidemment exprimer ton refus avec tact et bienveillance, car respecter l'autre dans la manière de dire non reste important, mais tu n'as pas à transformer ton refus en négociation ni à fournir une liste de raisons pour qu'il soit considéré comme valable.

Et si tu es la personne qui reçoit ce refus, tu as également le droit d'être déçue, vexée ou frustrée, parce que les émotions ne se commandent pas toujours, mais la bonne réaction reste de respecter la décision de l'autre sans insister, sans culpabiliser et sans chercher à le punir.

Pour moi, le consentement devient vraiment évident lorsqu'on arrête de se demander qui a le droit de dire non. La réponse est beaucoup plus simple, TOUT LE MONDE.


Une question à poser ?

Tu vis une situation particulière, tu ne sais pas à qui en parler ? Tu peux m'écrire anonymement par mail à

contact@adelinelafouine.com

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