Quand un abonné me propose d’organiser une rencontre dans un bar naturiste, je suis d’abord sceptique. Mais à force d’en parler, il me semble sérieux. Comme toujours, je demande à Vincent de vérifier. C’est lui qui coordonne mes rencontres et événements : un véritable chef d’orchestre. Il a un talent particulier pour lire entre les lignes, repérer les rêveurs et distinguer les projets réellement réalisables. Je lui fais pleinement confiance, et il se trompe rarement.
Vincent contacte donc mon abonné et échange avec lui afin de définir clairement le cadre de l’événement. Nos deux conditions sont simples: la rencontre doit être filmée et Yoshi doit pouvoir nous accompagner. Une fois ces points validés, nous donnons notre accord et l’aventure peut commencer.
Le bar naturiste à Joigny, “La P’tite Pause”, annonce l’événement avec beaucoup de discrétion, sans utiliser mon nom ni ma photo. Cette approche me plaît immédiatement, car cela fait longtemps que je n’ai pas participé à ce type de rencontre presque incognito. Plus tard, j’apprendrai que mon abonné a tout de même largement relayé l’information. Mais sur le moment, je savoure cette impression de revenir à mes débuts, lorsque chaque déplacement avait un parfum d’inconnu et d’aventure.
Le jour J, je me lève tôt afin de me préparer tranquillement à l’hôtel. J’apprécie le confort et le calme qu’il m’offre, d’autant plus que je me doute que les installations sur place seront limitées. Comme j’arrive en avance à Joigny, j’en profite pour flâner dans cette jolie petite cité médiévale. Les rues pavées, les vieilles façades et l’atmosphère paisible contrastent agréablement avec l’excitation qui monte en moi au fil des heures.
Le bar se cache dans une ruelle du centre historique. Une enseigne discrète mentionne simplement « bar naturiste » ou « bar d’ambiance ». Rien de spectaculaire, juste assez pour attirer ceux qui savent où ils vont.
Lorsque je frappe à la porte, une femme blonde au sourire chaleureux vient m’accueillir. C’est Anaïs, la gérante. Avec beaucoup de gentillesse, elle me fait entrer et m’invite à la suivre dans un couloir sombre et étroit qui débouche sur le bar. Dès les premiers instants, je découvre un lieu à taille humaine, animé et déjà bien rempli. Les clients discutent autour du comptoir dans une ambiance détendue.
Très vite, je me félicite d’avoir choisi l’hôtel pour ma préparation. Ici, les installations sont réduites au strict minimum : pas de vestiaire, pas de douche, seulement une petite toilette.
Anaïs me montre alors une pièce attenante où je peux me changer tranquillement. Je tente d’y installer Yoshi avec moi, mais l’endroit ne s’y prête pas vraiment. Finalement, je le laisse près du bar. Vincent, toujours attentif au moindre détail, trouvera un peu plus tard une solution plus confortable en l’installant sur un fauteuil, à proximité de nous. Cela me rassure immédiatement et me permet de profiter pleinement du moment présent.
Je suis un peu gênée, ne sachant pas vraiment comment me comporter dans cet environnement si particulier où tout le monde semble déjà parfaitement à l’aise alors que, de mon côté, je cherche encore mes repères. Je salue ceux que je peux atteindre, échange quelques mots avec les personnes les plus proches, mais l’endroit est tellement exigu que je ne sais ni où me placer ni comment circuler sans déranger quelqu’un. C’est alors que mon regard se pose sur Vincent, occupé à retirer tranquillement ses vêtements.
Pendant quelques secondes, je reste complètement interdite.
Je lui demande s’il est sérieux, car après tout, en tant que cadreur, il n’a absolument aucune raison d’être nu. Son rôle consiste à filmer, pas à participer à l’ambiance naturiste du lieu. Pourtant, avec ce petit sourire malicieux que je connais si bien, il m’explique qu’il souhaite être au même niveau que tout le monde et qu’il trouverait étrange d’être le seul habillé au milieu de personnes qui ne le sont pas.
À cet instant, je suis incapable de retenir un fou rire intérieur.
La scène est d’autant plus amusante que Vincent est probablement l’une des personnes les moins naturistes que je connaisse. Dans la vie quotidienne, il porte presque toujours un short, un t-shirt ou un jogging, même lorsqu’il est seul à la maison. Le voir se déshabiller avec autant de naturel dans un petit bar rempli d’inconnus crée un contraste tellement inattendu que j’en oublie presque mon propre trac.
Ce qui rend la situation encore plus drôle, c’est que le matelas a été installé directement au sol dans le petit espace situé à côté du bar, ce qui signifie que pour réaliser ses images, Vincent va devoir se pencher régulièrement au-dessus de l’action. Les personnes assises sur les quelques chaises disposées autour du matelas vont donc bénéficier, malgré elles, d’un angle de vue particulièrement généreux sur son anatomie. En y pensant, je me dis qu’en plus de l’événement principal, les participants auront droit à un spectacle secondaire totalement imprévu.
Pendant ce temps, je me fraye difficilement un chemin jusqu’au matelas, en passant derrière les personnes déjà installées, et je constate une nouvelle fois à quel point l’endroit est petit. Cette configuration inhabituelle, le manque d’espace et le nombre de personnes présentes me donnent pendant quelques instants l’impression d’être un peu perdue. Je ressens ce mélange étrange d’excitation, de curiosité et de légère appréhension qui accompagne souvent les situations totalement nouvelles, et je me demande encore quelle est la meilleure façon de me comporter.
Puis je finis par me raisonner. Après tout, je suis venue ici pour vivre une expérience originale, rencontrer de nouvelles personnes et passer un bon moment. Inutile de réfléchir davantage.
Je demande alors à Anaïs ainsi qu’aux personnes présentes si tout est prêt et si tout le monde est à l’aise avec le déroulement prévu de l’après-midi. Les réponses sont immédiates et les sourires qui me répondent dissipent le peu de nervosité qui me reste. À partir de cet instant, je sens la pression retomber progressivement. Une fois installée sur le matelas, entourée par les participants qui se rapprochent peu à peu, je retrouve enfin mes repères, mon naturel revient et je commence à profiter pleinement de cette expérience aussi insolite qu’inattendue.
Une bonne vingtaine d’hommes sont présents, de tous âges, de toutes morphologies et avec des personnalités très différentes. Lorsque le premier s’approche de moi, les autres suivent rapidement, et l’ambiance prend naturellement forme. Très vite, je me retrouve au centre de l’attention et l’après-midi bascule dans une succession de moments intenses qui s’enchaînent sans véritable interruption. Ce qui me frappe immédiatement, c’est que les participants sont sans doute moins habitués à ce genre d’événement que ceux que je rencontre habituellement. Ce ne sont pas des acteurs ou des habitués de ce type de rassemblement, mais avant tout des hommes ordinaires, venus partager une expérience qui sort de leur quotidien. Cette différence se ressent dans leur attitude : ils sont plus réservés, parlent peu et observent beaucoup. L’atmosphère est donc plus discrète, plus timide aussi, mais cela ne l’empêche pas d’être particulièrement agréable.
Comme souvent dans ce genre de situation, je fais de mon mieux pour mettre tout le monde à l’aise, détendre l’atmosphère et encourager les plus réservés à participer davantage. Peu à peu, les sourires apparaissent, la confiance s’installe et chacun semble trouver sa place. Je sens que les participants se détendent progressivement et que la nervosité du début laisse place à une énergie beaucoup plus naturelle. Le temps passe alors à une vitesse folle et, sans vraiment m’en rendre compte, je profite de cette ambiance pendant plus d’une heure sans véritable pause.
Avec autant de monde autour de moi, il n’est jamais facile d’accorder la même attention à chacun. J’essaie pourtant de ne laisser personne de côté, même si l’exercice devient parfois compliqué lorsque plusieurs personnes souhaitent participer au même moment. Dans un groupe aussi nombreux, les plus extravertis attirent naturellement davantage l’attention, tandis que les plus discrets ont parfois du mal à se faire remarquer. C’est d’ailleurs quelque chose que l’on oublie souvent, participer à un événement de ce type demande aussi une certaine assurance, surtout lorsqu’une foule se presse autour de moi et que chacun cherche le bon moment pour s’approcher.
Quoi qu’il en soit, je passe un excellent moment dans le bar naturiste « La P’tite Pause », entourée de participants sympathiques, respectueux et manifestement heureux d’être présents. L’ambiance reste chaleureuse du début à la fin, les sensations sont au rendez-vous et l’après-midi se conclut dans la bonne humeur générale. Lorsque tout se termine, je ressens cette agréable fatigue qui accompagne souvent les journées particulièrement riches en émotions, avec le sentiment d’avoir partagé un moment unique avec un groupe de personnes venues simplement s’amuser et vivre une expérience originale ensemble.
Après ce final particulièrement mémorable, je prends encore quelques instants pour partager un moment privilégié avec Mike, l’abonné qui a imaginé et organisé toute cette rencontre. Depuis le début, il s’est investi avec sérieux pour que cette journée puisse avoir lieu dans les meilleures conditions, et j’ai envie de le remercier à ma manière pour tout le travail accompli en coulisses. Les dernières minutes de l’après-midi se déroulent dans une atmosphère beaucoup plus calme que l’effervescence qui a précédé, et je réalise à quel point cette semaine a été intense, entre mes déplacements, les nombreuses rencontres et cette journée riche en émotions. Mon énergie commence à me rappeler que j’ai beaucoup donné ces derniers jours, et je sens qu’il est temps pour moi de ralentir le rythme.
C’est finalement une très belle façon de conclure cette aventure. Une fois le tournage terminé, chacun retrouve progressivement son calme et l’ambiance conviviale du début de journée reprend naturellement ses droits. Nous prenons le temps de discuter, d’échanger nos impressions, de répondre aux dernières questions, de faire quelques photos souvenirs et de partager un verre dans une atmosphère détendue qui contraste agréablement avec l’intensité des heures précédentes.
Je tiens à adresser un immense merci à Anaïs pour son accueil chaleureux et sa confiance, ainsi qu’à Mike pour toute l’organisation de cette journée qui restera longtemps dans ma mémoire. Merci également à toutes les personnes présentes pour leur bonne humeur, leur respect et leur participation à cette expérience hors du commun. J’ai passé un excellent moment et, connaissant désormais les lieux et l’ambiance qui y règne, je suis presque certaine que ce n’était que le premier chapitre de l’histoire. Une chose est sûre : tôt ou tard, je reviendrai pour un deuxième round !
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