Je lis en ligne le journal 20 Minutes de ce matin et je tombe sur ce grand titre: “On a testé (et contourné) la vérification de l’âge pour accéder aux sites pornos”.
Depuis le 15 juillet, les sites pornos doivent vérifier l’âge des visiteurs, mais 20 Minutes a montré que ces systèmes se contournent facilement. Certains ont même validé une simple photo de Brad Pitt. L’Europe mise désormais sur un “mini wallet” encore en test.
Et là je me dis, mais quel journalisme est-ce donc ? Depuis quand faire du sensationnalisme en allant soi-même contourner les normes de sécurité, c’est de l’information ? Tester, piétiner et ensuite dénoncer, c’est un peu comme écrire un article sur la vitesse en ayant soi-même grillé tous les radars.
Pendant que ces pseudo-journalistes s’amusent à prouver qu’on peut berner une IA avec la photo de Brad Pitt, aucun mot n’est écrit sur ce qui compte vraiment, l’éducation des enfants. Pas une phrase pour rappeler que les parents ont des solutions à portée de main, pas une ligne sur les accords familiaux à instaurer, pas une mention des outils de contrôle parental qui existent déjà. Rien. Mais évidemment, c’est tellement plus vendeur de titrer sur “les failles du système” que d’écrire un article pratique pour les familles.
L’éducation sexuelle, le dialogue, la responsabilisation parentale ne sont jamais abordés. Tout est renvoyé à l’État, ce qui devrait se jouer dans les foyers. Oui, les sites ont des obligations, et c’est normal, mais le premier pare-feu, il est chez soi. Un parent qui s’implique, qui parle, qui fixe des règles, qui utilise les outils existants.
Pour ma part, dans mon article précédent (SOS Adeline, rubrique éducation familiale), j’expliquais en long, en large et en travers comment chaque parent peut (et doit) se réapproprier son rôle:
- Dialogue dès le plus jeune âge: expliquer, selon l’âge, ce que sont les limites, le consentement, la différence entre fantasme et réalité.
- Accords avec les enfants: horaires d’écran, surveillance de l’historique, questionnement régulier, autant d’accords clairs qui responsabilisent.
- Outils de contrôle parental bien utilisés: applications qui verrouillent automatiquement les contenus adultes, filtres personnalisés.
- Éducation plutôt que censure: investir du temps pour parler de sexualité vraie, corporelle, affective. Ce qui manque cruellement à cette presse complaisante avec l’État, c’est l’autonomie parentale, l’impulsion éducative.
- Mobilisation collective: fédérer les initiatives parentales, inviter les écoles, les collectivités à proposer des ateliers, des conférences sur les usages numériques et la sexualité.
Alors la prochaine fois, chers journalistes, au lieu de jouer les hackers du dimanche pour pondre un papier sensationnel, essayez donc d’informer utilement. Expliquez aux familles comment accompagner leurs enfants, comment utiliser les filtres, comment ouvrir le dialogue.
Parce qu’au final, l’éducation, ça ne se contourne pas, et pour le reste laissez Brad Pitt tranquille, lui au moins n’a rien demandé.