J’ai enfin de nouveau l’occasion de passer une soirée entre les mains de Maîtresse L., et dès que j’arrive devant le Clair Obscur, la boîte BDSM du Cap d’Agde, je sens mon cœur battre beaucoup trop vite. Je tourne en rond devant l’entrée, incapable de rester immobile, comme si l’attente devenait presque une épreuve à elle seule. Chaque minute semble s’étirer, et plus l’heure avance, plus je me sens à la fois impatiente et fébrile.
Quand Maîtresse L. apparaît enfin, droite, élégante, parfaitement sûre d’elle, mon ventre se serre instantanément. Il n’y a presque pas besoin de mots. Son regard suffit à me rappeler ma place, et déjà je me sens glisser doucement dans cet état particulier où je n’ai plus besoin de décider.
À l’intérieur, nous nous installons au bar pour boire un verre, mais l’attente me paraît insupportable. L’ambiance est dense, presque électrique, la musique sombre enveloppe la pièce et les lumières rouges dessinent des silhouettes sur les murs. Autour de nous, certains jouent déjà, d’autres observent en silence. Je bois une gorgée, mais je n’ai pas envie de discuter, je n’ai pas envie d’attendre, j’ai besoin de sentir.
Un Maître vient saluer Maîtresse L. avec sa soumise cagoulée et suggère que nous jouions un peu avec elle pour la perturber. Habituellement, j’aurais accepté sans hésiter, car j’aime provoquer et bousculer. Mais ce soir je suis venue pour moi. Cela fait trop longtemps que je n’ai pas retrouvé ces sensations fortes entre les mains de Maîtresse L. Je décline silencieusement et reste concentrée, peut-être un peu capricieuse, mais totalement sincère.
Maîtresse L. me conduit dans la chambre à droite du bar. La pièce est pleine. Il y a une croix au centre, des cordes suspendues au plafond, un mobilier massif qui respire l’expérience. Je retire ma jupe et mon serre-taille en vinyle noir pour ne garder que le bas. Je me sens presque trop habillée pour ce que j’ai envie de vivre, mais ce n’est pas grave. Je baisse les yeux et me concentre uniquement sur elle. Quand je suis dans le jeu, je ne regarde jamais autour de moi. Je me referme dans ma bulle pour ne plus exister que dans l’instant.
Elle m’attache à la croix et commence par des gestes simples. Des claques franches sur mes fesses, des coups de cravache précis sur mon dos, puis des caresses avec ses ongles qui me font frissonner malgré moi. Chaque sensation s’ajoute à la précédente. Je me sens devenir réceptive, comme si ma peau s’ouvrait pour absorber tout ce qu’elle m’offre. Je ne pense plus, je ressens.
Les impacts deviennent plus réguliers, plus appuyés. La chaleur s’installe progressivement sur mes fesses et remonte le long de ma colonne. Entre deux coups, ses doigts glissent sur ma peau, et ce contraste entre la brûlure et la douceur me trouble profondément. Je me sens vivante, intensément vivante.
Elle me détache ensuite pour commencer les cordes. Mes poignets sont liés dans le dos, la tension se répartit sur mes épaules, et je sens mon corps se redresser malgré moi. La suspension commence doucement. Mon poids se transfère progressivement aux cordes, d’abord par la poitrine, puis par une jambe, puis l’autre, jusqu’à ce que mes pieds quittent le sol. Je flotte.
Cette immobilisation me procure toujours un vertige délicieux. Je ne décide plus de rien. Je suis entièrement livrée. Elle me fait tourner lentement, me touche, me teste, me frappe légèrement pour voir comment je réagis. Mais la pièce est chaude, l’air devient lourd, et je sens peu à peu ma respiration se raccourcir. Les cordes sur mes bras coupent la circulation. Mes doigts picotent, ma tête tourne. Je fais signe. Elle me descend immédiatement et me détache rapidement. Je sens la sueur froide sur ma nuque et le sol qui semble se dérober quelques secondes. Mon corps me rappelle à l’ordre. Je n’ai presque rien mangé, encore une fois. On m’apporte du sucre, un verre de soda, quelques fruits. Je suis frustrée, presque en colère contre moi-même, mais déterminée à continuer.
Après quelques minutes, je me redresse et je la regarde. Je suis de nouveau prête. Nous changeons de pièce pour un endroit plus frais. Cette fois, je prends le temps de regarder autour de moi. Le club est impressionnant. Plusieurs pièces, chacune avec son univers. Du mobilier en bois massif, des structures métalliques, des bancs, des croix, des cages. La musique gothique renforce l’atmosphère. Certains jouent intensément, d’autres observent avec fascination.
Maîtresse L. me fait asseoir sur un petit banc et me prend sur son genou pour me fesser lentement, presque tendrement. Elle vérifie que je vais bien. Je la rassure. Je veux plus. Elle m’attache à une grande roue, sans la faire tourner. Je sens le métal froid contre ma peau, puis elle sort le fouet.
Le premier coup est puissant et net. La sensation est brûlante, immédiate. Mon corps réagit avant même que je réfléchisse. Je me tends instinctivement vers elle, comme si je cherchais la prochaine frappe. Les coups s’enchaînent, précis, rythmés. Chaque impact dessine une ligne de chaleur sur ma peau. Je sens mon souffle changer. La douleur devient énergie. Elle me demande si j’en ai assez. Je réponds que non. Elle continue.
Je me sens incroyablement ouverte, prête à accueillir toujours plus. La brûlure se transforme en plaisir diffus, presque hypnotique. À un moment, je demande une pause, non parce que je ne peux plus supporter, mais parce que je réalise que je pourrais rester là toute la nuit, assoiffée de cette sensation.
Elle varie ensuite les zones, plus doucement à l’avant, sur les cuisses et la poitrine. Ces parties sont plus sensibles, plus fragiles. Elle dose parfaitement. Elle est exigeante, mais attentive. C’est ce mélange qui me bouleverse mes sens.
Plus tard, elle me guide vers un banc en bois et me fait me pencher. Je la vois enfiler ses gants et l’anticipation me traverse immédiatement. Ses gestes sont lents, méthodiques. Elle me prépare le cul avec patience, me pousse à respirer plus profondément. Je sens mon corps céder peu à peu à sa volonté. L’intensité monte progressivement. La sensation est profonde, envahissante, presque vertigineuse. Je tremble malgré moi. Mon corps répond sans que je puisse le contrôler. L’énergie se concentre dans mon ventre, remonte, explose. Je me sens vidée, presque liquéfiée.
Quand elle s’arrête enfin, mes genoux fléchissent et je me laisse glisser au sol. À genoux devant elle, je relève les yeux. Il n’y a pas besoin de mots. Je me sens petite, offerte, apaisée.
Pour terminer la soirée, je marche lentement dans le club afin de redescendre doucement. Les sensations continuent de vibrer sous ma peau. Je sens déjà que les marques apparaîtront le lendemain. Je pensais continuer la nuit ailleurs, mais je suis trop épuisée par l’intensité de la soirée. Je rentre me coucher et je m’endors presque immédiatement. Dans mes rêves, je flotte encore entre ses cordes et ses mains…
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