Forte de longues années d’expérience dans la sexualité et le libertinage, je suis là pour t’aider à y voir plus clair — sans tabou, et toujours dans la discrétion.
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La gorge profonde est une pratique qui fascine autant qu’elle intimide. On en parle beaucoup, on la montre souvent, mais on explique rarement comment l’aborder sans se faire mal, sans se forcer et sans se sentir en difficulté.
Avant toute chose, il faut poser une base claire. La gorge profonde n’est pas un objectif à atteindre. Ce n’est ni un passage obligé, ni un “graal” du sexe oral. Une sexualité épanouie ne se mesure pas à la profondeur d’une fellation.
La manière dont cette pratique est souvent représentée — brutale, imposée, parfois violente — ne correspond pas à ce que je conseille, surtout lorsqu’on débute. Ici, on parle d’une gorge profonde choisie, progressive, contrôlée, et respectueuse du corps.
ÉTAPE 1: CHANGER DE REGARD SUR LA PRATIQUE
La gorge profonde peut être vécue de différentes façons. Elle n’implique pas forcément la soumission, la douleur ou la perte de contrôle. Elle peut aussi être douce, lente, maîtrisée, voire vécue comme une forme de pouvoir ou d’abandon consenti.
Ce qui compte avant tout, c’est le cadre:
- consentement clair
- communication,
- possibilité de s’arrêter à tout moment,
- respect total du rythme de la personne qui donne.
Sans cela, la pratique devient inconfortable, voire anxiogène.
ÉTAPE 2: COMPRENDRE SON CORPS (ET LE RÉFLEX NAUSÉEUX)
Le réflexe nauséeux n’est pas un problème à corriger, c’est un réflexe de protection. Il se déclenche quand le corps pense que la respiration pourrait être entravée. Certaines personnes y sont très sensibles, d’autres beaucoup moins, et c’est parfaitement normal.
Forcer ce réflexe est la meilleure façon de se dégoûter de la pratique. En revanche, habituer progressivement le corps, dans un contexte détendu et sans pression, permet parfois de repousser doucement cette limite.
ÉTAPE 3: Y ALLER PROGRESSIVEMENT (VRAIMENT)
La gorge profonde ne se fait pas “d’un coup”. On peut commencer lors d’une fellation classique, en laissant le sexe pénétrer un peu plus profondément que d’habitude, puis s’arrêter dès que l’inconfort apparaît. Un autre jour, un peu plus, puis encore un peu plus.
Il est souvent plus simple d’essayer lorsque le sexe n’est pas encore complètement rigide, car le volume est moindre et la sensation plus facile à apprivoiser.
L’idée n’est pas d’avaler entièrement, mais de familiariser le corps avec de nouvelles sensations, à son propre rythme.
ÉTAPE 4: GARDER LE CONTRÔLE
Un point essentiel concerne le rôle de chacun dans cette pratique. La personne qui pratique la fellation doit garder le contrôle du mouvement. C’est elle qui décide quand avancer, quand reculer, jusqu’où aller et à quel rythme. Ce contrôle n’est pas une question de domination, mais une condition de confort et de sécurité.
Le partenaire dont le sexe est dans la bouche a, lui, un rôle d’écoute et de retenue. Il doit éviter d’imposer des mouvements ou un rythme, et rester attentif aux réactions de l’autre. Dès que des gestes sont imposés, la sensation peut devenir rapidement désagréable ou anxiogène.
La gorge profonde repose donc sur une confiance mutuelle. La certitude que chacun respecte les limites de l’autre et que l’on peut s’arrêter immédiatement, sans justification ni malaise.
ÉTAPE 5: TROUVER LES POSITIONS LES PLUS CONFORTABLES
Toutes les positions ne se valent pas. Certaines facilitent l’alignement de la gorge et rendent la pratique moins contraignante.
Par exemple, être positionnée sur le côté, en 69, ou avec la tête légèrement basculée en arrière peut aider à réduire la tension. À l’inverse, certaines positions très “classiques” peuvent être plus compliquées selon l’angle du sexe.
Il n’y a pas de position universelle. On teste, on ajuste, on écoute son corps.
ÉTAPE 6: RESPIRATION, PAUSES ET SALIVE
Respirer calmement est fondamental. Prendre le temps de respirer entre deux tentatives, faire des pauses, changer de rythme,… Tout cela fait partie du processus.
La salive est également plus présente dans cette pratique, et c’est normal. On peut choisir de l’avaler, de faire des pauses pour déglutir, ou de la laisser couler. Aucune option n’est “sale” ou incorrecte. L’important est de rester à l’aise et de ne jamais se sentir en difficulté respiratoire.
ÉTAPE 7: SAVOIR S'ARRÊTER
À la moindre douleur, irritation, sensation de brûlure ou de reflux, on arrête. Sans se justifier, sans culpabiliser. Le but n’est jamais de repousser ses limites à tout prix.
Et il faut le dire clairement. Certaines personnes n’aiment pas la gorge profonde, même avec de l’expérience. Cela ne signifie rien d’autre que leur corps a ses propres limites.
ÉTAPE 8: PROGRESSER... UNIQUEMENT SI LE PLAISIR EST PARTAGÉ
Savoir s’arrêter est fondamental, mais il est tout aussi important de rappeler que l’évolution est possible lorsque le plaisir est présent. Si, avec le temps, la pratique devient plus confortable, plus fluide, ou plus excitante, il est naturel d’avoir envie d’aller un peu plus loin.
Cette progression ne doit jamais être forcée ni planifiée. Elle se fait spontanément, au fil des expériences, lorsque le corps s’habitue et que la confiance s’installe. Le critère principal reste toujours le même, se sentir bien, physiquement et mentalement.
Dans ce contexte, le dialogue reste essentiel. Dire ce qui fait du bien, ce qui l’est moins, ce que l’on a envie d’explorer ou non permet d’avancer dans le respect mutuel. Progresser ne signifie pas dépasser ses limites, mais affiner ce qui procure du plaisir, dans une écoute constante de soi et de l’autre.
EN RÉSUMÉ
La gorge profonde est une pratique optionnelle, qui ne convient pas à tout le monde et qui n’est jamais un passage obligé dans la sexualité. Elle demande du temps, de la détente, une bonne communication et une écoute attentive de son corps.
Il est essentiel de pouvoir s’arrêter dès que l’inconfort apparaît, sans se justifier ni culpabiliser. Les limites personnelles doivent toujours être respectées, quelles qu’elles soient.
Si, en revanche, la pratique procure du plaisir et se vit sans contrainte, il est possible d’évoluer progressivement, à son rythme, dans un cadre de confiance et de consentement mutuel. Progresser ne signifie pas aller plus loin à tout prix, mais approfondir ce qui est agréable et respectueux pour chacun.
Dans tous les cas, le confort, le ressenti et le dialogue restent les bases d’une sexualité épanouie.