Forte de longues années d’expérience dans la sexualité et le libertinage, je suis là pour t’aider à y voir plus clair — sans tabou, et toujours dans la discrétion.
Tu as une question ? Un doute ? Une envie d’en parler ? Écris-moi à ask@sosadeline.com. Je me ferai un plaisir de te répondre avec bienveillance, honnêteté… et un brin de piquant, comme toujours.
Un lecteur de SOS Adeline m’a posé la question suivante: “Pour le nouvel an, j’ai passé la soirée dans une soirée libertine. De mon côté, je ne bois pas d’alcool afin de rester pleinement présent et de profiter de la soirée en toute conscience. En revanche, j’ai été mal à l’aise en voyant un mari pousser sa femme à boire pour qu’elle se “désinhibe”. Que penser de ce genre de comportement? L’alcool ou une drogue n’influencent-ils pas le consentement?“.
Le libertinage peut être un espace de liberté, de plaisir et de partage, mais uniquement lorsqu’il repose sur des bases solides: le respect, la lucidité et le consentement réel de chacun. Dès qu’il devient nécessaire de consommer de l’alcool ou une substance pour “oser”, “supporter” ou “faire plaisir”, quelque chose se déplace. Et lorsque cette consommation est encouragée, voire imposée par un partenaire, la situation devient clairement problématique.
ALCOOL ET SEXUALITÉ, UNE FAUSSE IMPRESSION DE LIBERTÉ
L’alcool donne souvent l’illusion d’être plus détendu, plus audacieux et plus à l’aise avec les autres. Pourtant, dans les faits, il altère le jugement, diminue la capacité à réfléchir posément et rend les limites beaucoup plus floues. Une personne alcoolisée peut dire oui plus facilement, non pas par réel désir, mais parce que ses freins sont affaiblis.
Dans ce contexte, le consentement devient fragile, ambigu, parfois même inexistant. Une personne sous alcool n’est tout simplement plus totalement maîtresse de ses décisions.
QUAND UN PARTENAIRE POUSSE L'AUTRE À BOIRE
Voir quelqu’un inciter son ou sa partenaire à boire “pour se lâcher” n’est jamais anodin, même lorsque cela se présente comme une plaisanterie ou une aide pour se détendre, le message implicite est clair. Il faut que l’autre soit moins lucide pour que la situation avance.
Dans un libertinage sain, personne n’a besoin d’alcool pour dire oui. Le désir doit être présent, conscient et assumé. Faire pression, même subtilement, revient à déplacer la responsabilité et à fragiliser le consentement.
"MAIS CERTAINES PERSONNES BOIVENT POUR S'AMUSER..."
C’est vrai, et cela existe dans de nombreux milieux. Certaines personnes pensent avoir besoin d’alcool pour se rassurer, se sentir désirables ou oser franchir certaines étapes. Le problème est que l’on ne sait plus toujours si l’on agit par réel désir ou parce que l’on a anesthésié ses peurs et ses limites. Il arrive alors que restent des souvenirs flous, un malaise diffus ou des regrets.
Pour ma part, dans les soirées libertines ou lors de gangbangs, je choisis de rester sobre. Ce n’est ni une posture morale ni un jugement, mais une manière de me protéger et de rester alignée avec mes choix.
ET SI C'EST TOI QUI AS BESOIN DE BOIRE POUR PARTICIPER
Il est aussi important de se poser une question honnête. Si tu ressens le besoin de boire de l’alcool ou de consommer une substance pour réussir à participer à une soirée libertine, ce n’est peut-être pas anodin. Cela peut être le signe que tu n’es pas totalement à l’aise, que certaines limites ne sont pas claires, ou que tu te forces à être là alors que ton désir n’est pas vraiment présent.
Le libertinage ne devrait jamais nécessiter de s’anesthésier pour exister. S’autoriser à écouter ce signal, à ralentir, à observer ou même à repartir sans culpabilité est déjà une forme de respect envers soi-même.
ALCOOL, DROGUES ET CONSENTEMENT: LA MÊME QUESTION CENTRALE
Qu’il s’agisse d’alcool, de cannabis, de poppers ou d’autres substances, la question reste toujours la même: suis-je encore capable de donner un consentement clair, libre et enthousiaste ?
Dès que le discernement est altéré, la sexualité cesse d’être pleinement choisie. Le plaisir ne devrait jamais reposer sur une perte de contrôle.
SI TU TE SENS POUSSÉ(E) À BOIRE OU À CONSOMMER
Si, dans une soirée libertine, un club ou un événement privé, tu te sens incité(e), pressé(e) ou contraint(e) à boire de l’alcool ou à consommer une substance pour participer sexuellement, il est important de le dire clairement, car ce n’est pas normal. En droit, une personne dont le discernement est altéré ne peut pas donner un consentement pleinement valable. Pousser quelqu’un à consommer dans un but sexuel peut être pénalement répréhensible, quel que soit le cadre ou la relation entre les personnes.
Si tu te sens mal à l’aise, en insécurité ou dépassé(e), tu peux:
- t’éloigner immédiatement de la situation,
- demander de l’aide au personnel du lieu si c’est possible,
- contacter le 3919, numéro national gratuit et anonyme pour les victimes de violences,
- ou appeler le 17 si la situation est urgente.
Demander de l’aide n’est ni excessif ni exagéré. C’est une façon de te protéger et de rappeler que le libertinage n’est pas un espace hors-la-loi.
EN RÉSUMÉ
Le libertinage ne peut être épanouissant que lorsqu’il repose sur un consentement libre, lucide et respecté. L’alcool et les drogues brouillent ce consentement, augmentent les risques et peuvent avoir des conséquences graves, y compris sur le plan légal. Pousser quelqu’un à consommer pour des raisons sexuelles n’est jamais anodin.
Rester sobre n’enlève rien au plaisir. Au contraire, cela permet de rester pleinement acteur ou actrice de sa sexualité, et lorsque l’alcool devient nécessaire pour participer, c’est souvent le signe que la situation ne correspond pas (ou plus) à ses envies profondes.
Si une situation te met mal à l’aise, ton ressenti est légitime. Si l’on te pousse à boire pour participer, ce n’est pas toi le problème, ce sont tes limites qui ne sont pas respectées.